Les projets de l’Île de Nantes

Filtrer les projets

Par type
Par état

Genèse du projet : 1987-2000

L’effondrement de la navale, ouvrant une brèche géographique et psychologique dans le territoire à la fin des années 80, est l’élément fondateur de la réflexion municipale qui mènera au projet île de Nantes.

Le poids de la fin des chantiers Dubigeon

La disparition des activités industrielles liées à la construction navale, à l’ouest de l’île, n’entraîne pas seulement la libération d’un espace qui doit être réinventé. Elle révèle la force des liens qui unissent les nantais à leur histoire, des liens que certains anciens de la navale vont défendre avec force en refusant la disparition des symboles patrimoniaux. Cette volonté de conserver l’identité fluviale, industrielle et maritime du quartier s’impose dans la réflexion municipale. Et se matérialise au début des années 90 par la réhabilitation de la gare de l’Etat et du bâtiment des Ateliers et Chantiers de Nantes.

Le temps de la réflexion

Le devenir de l’île, soumis aux architectes-urbanistes Dominique Perrault et François Grether, se dessine dans l’étude remise à la municipalité en 1994. L’idée d’une transformation de l’ensemble du territoire, unissant les trois parties de l’île dans une dynamique commune, émerge. L’île de Nantes, vient de naître.
La mise en place des comités consultatifs de quartier en 1995 et l’adoption du projet "Rives de Loire" par le District de l’agglomération nantaise, qui place le fleuve au centre de la stratégie territoriale ; tracent des lignes fondatrices du projet urbain en devenir. Signe précurseur de la volonté de faire de l’île une extension du centre historique, la ville propose à l’Etat en 1996 d’y implanter le nouveau Palais de Justice.

Pour formuler le projet, la municipalité lance en 1998 un marché de définition. Elle consulte trois équipes pluridisciplinaires : celle de Bruno Fortier (Crosnier, Bloch, Clair, Hardy) ; Lafbac (Nicolas Michelin et Finn Geipel) ; et l’équipe Chemetoff-Berthomieu. Pendant un an, ils échangent avec les acteurs institutionnels, les associations et les habitants pour imaginer le projet urbain. En décembre 1999, les architectes paysagistes menés par le tandem Chemetoff-Berthomieu sont choisis pour mener le chantier de transformation de l’île de Nantes.

Les signes d'un renouveau culturel

Alors que la Maison des Hommes et des Techniques, qui prend ses quartiers dans le bâtiment réhabilité des Ateliers et chantiers de Nantes, diffuse l’histoire industrielle et sociale de Nantes, la culture s’empare des friches. En octobre 1990, la première édition des Allumées investit les 2800 m2 de la Fabrique à glace, quai Wilson, pour en faire le complexe nocturne festif du festival qui accueille Barcelone, première des 6 villes invitées pendant 6 ans. Non loin de là, sous l’un des hangars Dubigeon désertés, des milliers de nantais viennent assister à Othello, mis en scène par Hervé Tougeron. Quelques années plus tard, un collectif d’architectes s’installe dans le bunker du boulevard Léon Bureau, le Blockhaus DY10, qui s’impose comme un lieu incontournable de la scène underground nantaise. Le foisonnement créatif trouve un terrain propice à son épanouissement…