Les projets de l’Île de Nantes

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Phase 1 : 2000-2010

Pendant 10 ans, l’Atelier de l’île de Nantes d'Alexandre Chemetoff va impulser les premières métamorphoses du projet urbain. Un projet placé sous le signe de la souplesse pour développer un programme qui s’adapte aux mouvements de la dynamique urbaine.

Faire la ville durable

La philosophie même du projet s’inscrit dans les principes d’un développement urbain durable. Son outil de définition, le Plan guide, permet une lecture du territoire existant et une projection de l’avenir évolutive.
Pragmatique, la maîtrise d’œuvre travaille à une transformation globale qui permette d’accueillir une diversité d’usages et de populations en respectant les équilibres environnementaux. Un mouvement qui s’appuie en premier lieu sur une reconfiguration des espaces publics, trames fondatrices de l’environnement dans lequel viendront s’épanouir au fur et à mesure les quartiers de demain.

Reconquérir l'espace public

Le retraitement des paysages et des espaces publics forgent la nouvelle identité de l’île de Nantes. Le territoire se transforme pour offrir un cadre de vie attractif, avec pour fil directeur la restauration du lien avec le fleuve, clairement exprimée dans le Plan guide :

« Dans l’île, toute action d’aménagement renvoie directement ou indirectement au thème de l’ouverture de la ville sur la Loire. C’est dans l’île de Nantes que le rapport entre la ville et le fleuve peut être cultivé et conférer à tout aménagement son sens. Toute action entreprise devra satisfaire à l’idée qu’elle introduit, qu’elle développe, qu’elle restaure une relation de la ville avec l’eau. » (Chemetoff et Berthomieu, L'île de Nantes, le Plan guide en projet, 1999, éd. Memo).

Le percement de vues sur la Loire et l’aménagement de voies d’accès au fleuve forment le cadre dans lequel se logeront les programmes. Les premiers chantiers s’attellent donc à requalifier les berges et quais de Loire. Du quai des antilles aux berges de la Bollardière, en passant par le quai François Mitterrand, les nantais redécouvrent la Loire en se promenant à ses côtés.

Le lien avec le centre historique se renoue symboliquement grâce au paysage puis physiquement avec de nouveaux franchissements : la passerelle Schoelcher et le pont Tabarly.
Au sud, le pont Senghor permet un nouvel accès qui s’inscrit dans une reconfiguration globale des circulations avec pour objectif un apaisement du cadre de vie. Exemplaire à ce titre, la transformation du boulevard de Gaulle. Cette ligne de fracture, pénétrante autoroutière reliant les rives nord et sud, devient une voie accueillant toutes les formes de mobilité. Les espaces publics alentours sont retraités pour recomposer le lien entre ce boulevard urbain et son environnement.

Révéler le patrimoine

Indissociable de la relation entre la ville et le fleuve, et plus encore sur l’île de Nantes, la mémoire industrielle et portuaire trouve également un écho dans le projet urbain :

« Il s’agit à la fois de trouver un moyen, une manière vivante de cultiver la mémoire des activités passées qui ont marqué l’histoire des relations entre le fleuve et la ville, et en même temps de faire en sorte que l’agglomération toute entière développe en son centre géographique le paysage d’une ville ouverte sur le fleuve. » (Chemetoff et Berthomieu, L'île de Nantes, le Plan guide en projet, 1999, éd. Memo).

Des traces symboliques de l’activité navale sont révélées par les aménagements. Du quai François Mitterrand jusqu’à la pointe ouest de l’île, des espaces publics ouvrent les perspectives en prenant appui sur la présence d’éléments du patrimoine industriel. Le site emblématique des anciens chantiers navals, avec ses cales de lancement et ses nefs, se mue en parc urbain tandis que le Hangar à bananes et le quai des Antilles sont réhabilités en lieu de loisirs et de culture. La destination des grandes halles industrielles du site Alstom se précise : place à un avenir économique tertiaire, qui démarre par la transformation de la halle 13 en pépinière des biotechnologies.
Au cœur de l’île, le jardin des Fonderies, abrité par une ancienne halle industrielle, est l’élement structurant du nouveau quartier qui va s’épanouir dans ce secteur.

 MixiMixité sociale et fonctionnelle

Dans les différents secteurs de l’île, ce nouveau tissu urbain dessiné par les espaces publics va se compléter de programmes immobiliers. Locaux d’activités, commerces, services, établissements d’enseignement supérieur et logements vont trouver leur place au fil des directions impulsées par les acteurs.
L’est de l’île est recomposé autour de sa vocation résidentielle et tertiaire. Le centre commercial Beaulieu participe de la recomposition du quartier autour du boulevard de Gaulle. Le Tripode, démoli, fait place à un programme mixte connecté au pôle d’affaire Euronantes qui s’étend vers la gare et la Cité des congrès. A l’ouest, les médias investissent l'opération le Rhuys, et l’école d’architecture est le premier établissement d’enseignement supérieur à venir se loger dans le paysage, tandis qu’une multitude d’artistes et entrepreneurs culturels occupent les halles Alstom.
Les nantais affluent pour découvrir les Machines de l’île, nouveaux équipements publics qui marquent l’identité du territoire et participent à son rayonnement. Un quartier à vocation culturelle et créative, centre névralgique d’une nouvelle donne économique, prend forme.

Bilan de la première phase (2003-2012)

Le bilan des réalisations témoigne d'une rapidité d'action et d'une ambition forte :

  • 51 ha d’espaces publics créés ou retraités
  • 4 400 nouveaux logements réalisés (265 000 m2), dont 23 % de logements sociaux
  • 235 000 m2 d’activité et bureaux
  • 104 300 m2 d’équipements