Dès le XVIe siècle, des chantiers navals sont implantés à Nantes. Avec l’industrialisation et l’accroissement continu de la demande, les chantiers se déplacent progressivement du centre-ville vers la prairie au Duc, qui n’est alors qu’un vaste pâturage inondable.
Au début du XX e siècle, la construction navale devient l’industrie pilote de la Basse-Loire, occupant 35% de la main d’œuvre. Si l’après-guerre marque l’apogée des chantiers, elle préfigure aussi leur déclin. En 1987, le Bougainville, dernier navire construit par les chantiers Dubigeon, quitte les cales de l’île de Nantes, marquant le point final de l’histoire de la construction navale nantaise.
Le renouveau du parc des chantiers
Le site est longtemps laissé en friche, le temps de faire mûrir la réflexion quant à son devenir. Au début des années 2000, il focalise l’attention du projet urbain de l’île de Nantes et de son premier urbaniste Alexandre Chemetoff, qui redonne à ce patrimoine une nouvelle vie. La structure des anciennes nefs Dubigeon est préservée pour accueillir les constructeurs de la compagnie La Machine. Ils y posent leurs valises et ouvrent en 2007 l’atelier-galerie des Machines, dont le grand Éléphant mécanique, miracle de poésie et d’ingénierie, est le principal emblème. On pense autant à l’univers de Jules Verne qu’aux milliers d’ouvriers qui peuplaient autrefois le site. Plus de 500 000 visiteurs se pressent chaque année pour admirer les merveilles des Machines de l’île.
Entre 2007 et 2009, le Parc des chantiers se dessine, et offre un nouvel espace de promenade, de loisirs et de détente aux Nantais, en bord de Loire. De larges pelouses sont notamment installées en bordure du fleuve et quatre jardins thématiques sont aménagés. Le patrimoine architectural – cales, passerelles, rails, sols d’origine, grues Titan… – est intégré au projet d’aménagement qui en font un lieu totalement unique, qui devient un lieu de promenade, de tourisme culturel et d’événements, très fréquenté.
La création culturelle en ligne de mire
Leviers de la transformation urbaine, l’art et la culture s’implantent sur le site, choisi pour l’inauguration de la biennale d’art contemporain Estuaire en 2007. Les Anneaux installés le long du quai des Antilles à cette occasion deviennent l’un des symboles de l’île de Nantes. Œuvre de l’artiste plasticien Daniel Buren et de l’architecte Patrick Bouchain, ils illuminent la Loire de rouge, vert et bleu à la nuit tombée. Dans le Hangar à Bananes, un ancien hangar de stockage occupé par des bars et des salles de concert depuis 2007, la Hab Galerie accueille des expositions d’art contemporain et une librairie spécialisée.
En 2011, La Fabrique composée de deux bâtiments (Stéréolux et Trempolino) ouvre dans un bâtiment moderne accolé au Nefs. Scène locale majeure avec ses deux salles (Maxi 1200 places et Mini 400 places), Stéréolux est un laboratoire d’expérimentations et de diffusion artistiques dédié aux musiques actuelles, aux arts numériques et aux pratiques émergentes.
L’émergence d’un quartier pilote de l’innovation urbaine
Installé en bordure du Parc des chantiers, le quartier Prairie-au-duc qui se déploie depuis 2012 est fondé sur des principes d’aménagement durable de la ville et accueille une grande diversité.
Bénéficiant d’une situation privilégiée en bord de Loire, il se compose d’une vingtaine d’opérations, comptant plus de 1 400 logements, dont la moitié sont des logements sociaux ou abordables. Dans la continuité du groupe scolaire Aimé Césaire, les établissements d’enseignement supérieur tournés vers la création s’installent : en 2021, l’école de design rejoindra l’ESMA-cinécréatis. A l’horizon 2022, 2 000 étudiants côtoieront les 3 400 nouveaux habitants et 1 500 actifs du quartier.
L’ensemble des opérations immobilières, qui déclinent logements, équipements et espaces d’activités économiques, répond à des exigences de qualité environnementale et d’innovation sociale. Incarnant l’ambition de construire la ville de demain, soucieuse de s’adapter aux usages, le quartier Prairie-au-duc est un véritable laboratoire d’innovation urbaine. Locaux et services partagés, logements évolutifs, habitat participatif, croisements intergénérationnels, mutualisation des stationnements… Une forte dynamique d’expérimentation caractérise les opérations du quartier, dont Îlink est le témoin le plus emblématique.